Vietnam : chantier de la nationale 24B accélère, expropriations freinent
Le projet d’amélioration et d’élargissement de la route nationale 24B, au Vietnam, avance par étapes, mais sa progression dépend encore d’un facteur déterminant, la libération du foncier. Sur le tronçon Km23–Km29, long de 6,75 km, les autorités de Quảng Ngãi veulent moderniser l’axe pour fluidifier la circulation et mieux relier les zones concernées. Le budget dépasse 679 milliards de dôngs, avec un calendrier étalé de 2023 à 2027.
En quelques lignes :
Le chantier d’élargissement de la RN24B progresse mais la tenue du calendrier dépend de la libération rapide des terrains et d’une gestion rigoureuse des indemnisations, pour que les bénéfices routiers se matérialisent pour les usagers et les riverains.
- Constituez et actualisez vos dossiers fonciers (titres, plans, photos et preuves d’occupation) afin d’accélérer la vérification et la notification des compensations.
- Pour les décideurs, priorisez la validation des plans d’indemnisation et la concertation avec les ménages, en ciblant d’abord les 4,7 km à libérer d’ici au 30 septembre 2026.
- Anticipez la logistique des zones de préfabrication et du matériel, en planifiant les séquences de travaux pour limiter les interruptions et optimiser les interventions sur site.
- Sur le volet social, proposez des solutions de relogement et un accompagnement suivi, documentez chaque étape des indemnisations afin de réduire les contestations et d’accélérer la remise des terrains.
Présentation et objectifs du projet de la nationale 24B au Vietnam
La route nationale 24B fait l’objet d’un chantier d’élargissement et de mise à niveau sur un segment précis, entre les points kilométriques Km23 et Km29. L’ambition est claire, renforcer la capacité de l’axe routier, améliorer la sécurité et soutenir les connexions locales dans une province où les besoins de circulation restent soutenus.
Pour les autorités vietnamiennes, et plus particulièrement pour la province de Quảng Ngãi, ce projet s’inscrit dans une logique de modernisation des infrastructures. Il ne s’agit pas seulement d’ajouter de la largeur à une chaussée, mais de créer un itinéraire plus fonctionnel, capable d’absorber davantage de trafic et de mieux desservir les secteurs traversés.
Le montant annoncé, supérieur à 679 milliards de dôngs, témoigne de l’ampleur de l’opération. Le calendrier repose sur deux séquences, une phase de préparation de l’investissement de 2023 à 2025, puis une phase de réalisation technique de 2025 à 2027. Cette structuration montre que l’enjeu ne concerne pas uniquement les travaux, mais aussi toute la préparation administrative en amont.
Avancement du chantier : rythmes et jalons clés
Le chantier progresse, mais à un rythme encore contraint par la disponibilité du terrain. À ce jour, environ 2,5 km sur 6,75 km ont été remis au projet, ce qui représente un peu plus de 37 % du linéaire total. Le niveau d’avancement reste donc partiel, même si la dynamique est engagée.
Le maître d’ouvrage s’est fixé un jalon intermédiaire important, obtenir plus de 4,7 km, soit près de 70 % du tracé, disponibles d’ici au 30 septembre 2026. Ce seuil est stratégique, car il conditionne la possibilité de poursuivre les travaux sans rupture de rythme et d’éviter un décalage du calendrier global.
Le démarrage opérationnel est déjà visible sur le terrain. L’avis de début de chantier a été publié le 5 juin 2026, le balisage du tracé a été réalisé et les premières zones de préfabrication ont été ouvertes pour certains éléments techniques. Ces étapes montrent que l’organisation du projet est bien enclenchée.
Le tableau ci-dessous résume les principaux repères du dossier.
| Élément | Données clés |
|---|---|
| Tronçon concerné | Km23–Km29 de la RN24B |
| Longueur | 6,75 km |
| Budget | Plus de 679 milliards de dôngs |
| Préparation de l’investissement | 2023 à 2025 |
| Réalisation technique | 2025 à 2027 |
| Terrain remis à ce jour | 2,5 km, soit un peu plus de 37 % |
| Objectif intermédiaire | Plus de 4,7 km, environ 70 %, d’ici au 30 septembre 2026 |
Expropriations : le principal obstacle à la progression
La difficulté majeure du projet reste la libération du foncier. Le chantier nécessite la récupération de plus de 19 hectares, correspondant à plus de 800 parcelles appartenant à plus de 650 ménages et organisations. Cette ampleur explique la lenteur relative de la mise à disposition du site.
Le processus de compensation suit plusieurs phases, avec la vérification des situations, l’élaboration des dossiers, l’expertise des plans d’indemnisation, puis leur approbation. Ce cheminement administratif est incontournable, car il encadre chaque restitution de terrain et sécurise les droits des personnes concernées.

Dans la commune de Sơn Tịnh, les équipes poursuivent le recensement et le levé des maisons ainsi que des ouvrages présents sur le terrain. Dans le quartier de Trương Quang Trọng, le plan d’indemnisation de la phase 1 a déjà été validé, ce qui montre que certaines séquences avancent plus vite que d’autres.
Les autorités locales et le maître d’ouvrage travaillent de concert pour accélérer l’élaboration et la validation des procédures. Cette coopération est particulièrement importante dans les secteurs les plus denses, où les délais administratifs peuvent freiner le démarrage effectif des travaux. Le problème ne concerne pas seulement les terres agricoles, mais aussi les terrains d’habitation et les constructions existantes, ce qui complexifie les arbitrages.
Conséquences sociales et techniques des expropriations sur le terrain
L’impact social est sensible. Plus de 250 ménages sont concernés par la remise de leurs terrains ou la démolition de constructions situées dans le couloir de sécurité routière. Pour ces familles, la procédure touche au logement, à l’organisation quotidienne et parfois à des repères installés de longue date.
Ces situations alimentent une tension sociale connue dans de nombreux dossiers d’aménagement au Vietnam, où les expropriations foncières suscitent souvent des débats vifs. Les indemnités, les relogements et la démolition de maisons concentrent les attentes, mais aussi les inquiétudes, d’autant plus lorsque plusieurs organismes interviennent en parallèle.
Sur le plan technique, certains blocages se concentrent autour de l’emprise requise pour la construction du viaduc ferroviaire. Cette contrainte ajoute une dimension supplémentaire au dossier, car l’espace nécessaire n’est pas toujours disponible au moment où les équipes souhaitent intervenir.
La gestion logistique des zones de préfabrication et du matériel est également un enjeu clé pour maintenir le rythme des interventions.
Dans ce contexte, la mobilisation des familles concernées, le suivi des recensements et la rigueur administrative jouent un rôle direct dans la suite du projet. Les autorités cherchent à anticiper au maximum la compensation et la libération du foncier afin de suivre le rythme accéléré du chantier sans créer d’effet d’engorgement sur les zones déjà prêtes.
Enjeux et perspectives pour la suite du projet
Le constat des autorités est nuancé. D’un côté, l’avancée du chantier est réelle, avec des opérations déjà lancées et des zones préparées. De l’autre, la libération du foncier reste le facteur qui limite encore la tenue du calendrier, en particulier pour atteindre le cap des 70 % de remise de site d’ici fin septembre 2026.
Ce projet illustre bien l’équilibre à trouver entre les exigences techniques, comme les ponts, les remblais, les ouvrages de raccordement et les zones de préfabrication, et les exigences sociales, comme l’indemnisation, le déplacement des ménages et l’accompagnement administratif. L’un ne progresse pas durablement sans l’autre.
La coordination continue entre les communes, les quartiers et le maître d’ouvrage sera donc décisive. Si les procédures de compensation avancent assez vite, la modernisation de la RN24B pourra rester dans les délais fixés. À l’inverse, tout retard dans les expropriations risque d’entraver la suite des travaux et de repousser les bénéfices attendus pour les habitants et les usagers de la route.
En résumé, la RN24B progresse, mais son calendrier dépend encore de la capacité des acteurs à résoudre rapidement la question du foncier tout en protégeant les populations concernées.
