Khammouane : début du chantier d’un lycée pour les minorités ethniques
Au centre du Laos, la province de Khammouane fait face à un défi récurrent, celui de l’accès à l’enseignement secondaire pour les jeunes issus des minorités ethniques. Entre distances, dispersion des villages et obstacles linguistiques, la scolarité reste souvent difficile à poursuivre dans de bonnes conditions. C’est dans ce contexte qu’un lycée-internat provincial a été lancé à Phonesaat, avec l’ambition de rapprocher l’école des familles concernées.
En quelques lignes :
Le lycée-internat de Phonesaat vise à rapprocher l’enseignement secondaire des minorités de Khammouane, en réduisant les ruptures scolaires liées à la distance et aux contraintes matérielles.
- Nous vous recommandons de prévoir des équipements d’internat complets (dortoirs, cantine, sanitaires) et une organisation des transports pour limiter les absences, en dimensionnant l’offre sur la base de 1 700 à 2 000 élèves.
- Intégrez dès la conception un dispositif linguistique et culturel (enseignement bilingue, recrutement d’enseignants locaux, médiation culturelle) afin d’améliorer l’insertion et la réussite des élèves issus des minorités.
- Anticipez la logistique chantier et d’exploitation (réseaux d’eau et d’électricité, gestion des déchets, maintenance) pour soutenir la durabilité des installations et respecter l’échéance du 30 août 2028.
- Assurez un suivi financier et institutionnel transparent, en documentant l’utilisation de la subvention vietnamienne (179,75 milliards de VND) et de la contribution lao, pour sécuriser la mise en service et la gestion courante.
Contexte de la province de Khammouane et des minorités ethniques
Khammouane occupe une place centrale au Laos, dans une zone où vivent de nombreux groupes ethniques non majoritaires. Le terme minorités ethniques désigne ici les populations qui appartiennent à des groupes autres que le groupe lao majoritaire, souvent installées dans des espaces ruraux, montagneux ou difficiles d’accès.
Cette réalité géographique pèse directement sur le parcours scolaire. Les enfants doivent parfois parcourir de longues distances pour rejoindre un établissement, quand ils ne renoncent pas purement et simplement à continuer après le primaire. Dans plusieurs districts, l’offre éducative reste limitée, ce qui accentue les écarts avec la moyenne nationale.
Les difficultés ne se résument pas à la distance. La barrière linguistique, la dispersion des communautés et les contraintes matérielles freinent aussi l’accès au secondaire. Dans ce type de contexte, une scolarité adaptée suppose des établissements accessibles, pensés pour les territoires ruraux, notamment à Mahaxay, Yomalath, Nakai, Boualapha et Xaybouathong.
Présentation du projet de lycée à Khammouane
Le projet concerne la construction d’un lycée-internat provincial dans le village de Phonesaat, situé dans le district de Mahaxay. La cérémonie de lancement des travaux a eu lieu le 18 septembre 2026, marquant le démarrage effectif de l’opération sur un site de 37 268 m².
L’objectif est clair, centraliser une offre scolaire secondaire capable d’accueillir les élèves issus des minorités ethniques de cinq districts ruraux. La capacité annoncée se situe entre 1 700 et 2 000 élèves, avec une structure comprenant 28 salles de classe entièrement équipées.
Le chantier a été confié à PSC Trading Investment Co., Ltd., en charge de la construction et de l’installation. Avant le démarrage, la province a déjà réalisé le déminage, la préparation du terrain et la délivrance des permis nécessaires, notamment la déclaration d’ouverture de chantier, ce qui montre que le projet a été préparé en amont avec un soin logistique réel.
Un équipement pensé pour la centralisation scolaire
La logique du projet repose sur un principe simple, réunir dans un même lieu des élèves venant de districts dispersés. Pour les familles des zones rurales, cette centralisation peut réduire les ruptures de scolarité et offrir un cadre plus stable après l’école primaire.
Le choix d’un internat répond aussi à une contrainte concrète, celle du transport quotidien. Quand les villages sont éloignés et les routes irrégulières, dormir sur place devient souvent la seule manière de garantir une présence continue en classe.
La logistique du chantier et de l’hébergement est un enjeu important pour garantir la qualité des installations.
Financement et coopération bilatérale Vietnam-Laos
Le projet représente un investissement total de 183,2 milliards de VND, soit environ 7,04 millions USD. La majeure partie du financement provient du Vietnam, sous la forme d’une subvention non remboursable de 179,75 milliards de VND.
La contribution lao est fixée à 3,45 milliards de VND. Cet équilibre financier illustre une coopération bilatérale où l’aide extérieure joue un rôle déterminant dans la réalisation des infrastructures éducatives dans les provinces isolées.
Les autorités et la presse des deux pays présentent ce programme comme un volet de la coopération éducative entre le Vietnam et le Laos. Il s’inscrit dans une dynamique plus large d’appui au développement des ressources humaines, avec des projets scolaires qui cherchent à réduire les écarts territoriaux.

Le tableau ci-dessous résume les données financières et opérationnelles les plus utiles pour comprendre le projet.
| Élément | Donnée annoncée |
|---|---|
| Lieu | Village de Phonesaat, district de Mahaxay, province de Khammouane |
| Surface du site | 37 268 m² |
| Budget total | 183,2 milliards de VND, environ 7,04 millions USD |
| Part vietnamienne | 179,75 milliards de VND, subvention non remboursable |
| Contribution lao | 3,45 milliards de VND |
| Capacité prévue | 1 700 à 2 000 élèves |
| Équipements annoncés | 28 salles de classe entièrement équipées |
Un projet inscrit dans une coopération éducative plus large
Ce lycée ne constitue pas un cas isolé. D’autres initiatives bilatérales ont déjà vu le jour, comme le Thong Nhat secondary school inauguré en 2024, distinct du projet de Phonesaat. Cette comparaison montre que la coopération entre le Vietnam et le Laos s’appuie sur plusieurs formats d’appui scolaire.
Dans cette logique, les infrastructures éducatives deviennent un levier diplomatique autant qu’un outil social. Elles permettent de soutenir l’accès à l’école tout en renforçant les liens institutionnels entre les deux pays.
Calendrier, mise en œuvre et enjeux attendus
Les sources indiquent un calendrier de réalisation sur plusieurs années, avec une mise en service visée avant la rentrée scolaire 2028-2029. La date butoir la plus précise mentionnée est le 30 août 2028, correspondant à l’achèvement souhaité des travaux.
Une divergence apparaît toutefois dans les informations disponibles. Une source évoque une période de 2022 à 2028, alors que le lancement effectif des travaux a eu lieu en septembre 2026. Cette différence invite à retenir surtout la chronologie opérationnelle observable, celle du démarrage des travaux et de l’objectif de livraison en 2028.
Il est utile de connaître les démarches à suivre quand un chantier est bloqué, afin d’anticiper et limiter les retards.
Au-delà du calendrier, le projet porte un enjeu d’intégration éducative. Le lycée doit devenir un point d’appui pour des élèves issus de groupes ethniques vivant dans des zones dispersées, avec une capacité d’accueil pensée pour absorber une demande régionale importante.
Des éléments encore à préciser
Plusieurs points restent cependant non détaillés dans les sources. Les informations disponibles ne précisent pas les équipements internes, le nombre de dortoirs ni le modèle pédagogique retenu. Pour un internat, ces paramètres comptent pourtant beaucoup dans la qualité de l’accueil et la continuité des apprentissages.
Il n’est pas non plus fait mention de dispositifs particuliers pour l’intégration linguistique ou culturelle. Or, dans un établissement destiné aux minorités ethniques, ces aspects peuvent peser sur la réussite scolaire autant que les bâtiments eux-mêmes.
Position du projet face aux défis éducatifs des minorités ethniques au Laos
À l’échelle du Laos, les minorités ethniques rencontrent encore des difficultés marquées dans l’accès au secondaire. Les taux d’achèvement restent plus faibles, notamment à cause de la distance, des contraintes économiques et de l’adaptation parfois limitée de l’école aux réalités locales.
Le projet de Khammouane répond à plusieurs de ces obstacles. Sa localisation au plus près des communautés visées, sa vocation d’internat et sa forte subvention publique réduisent les freins matériels pour les familles. En pratique, cela peut limiter les abandons liés au transport ou au coût de la scolarité.
La portée sociale du projet dépendra aussi de sa capacité à s’adapter aux élèves concernés. Sans précision sur l’enseignement bilingue, l’accompagnement culturel ou les méthodes d’intégration, il reste difficile d’évaluer tout le potentiel de l’établissement. Mais l’intention affichée est claire, corriger les inégalités d’accès à l’éducation et soutenir la formation des jeunes dans les districts ruraux.
Plus largement, ce type de financement externe montre qu’une réponse concrète aux inégalités scolaires passe souvent par des investissements ciblés dans les territoires isolés. À Khammouane, le futur lycée-internat pourrait ainsi devenir un point d’ancrage pour la scolarisation des minorités ethniques et un signal fort en faveur d’un développement éducatif plus équilibré.
