TVA sur les travaux de rénovation : précisions du BOFiP (septembre 2026)
La TVA applicable aux travaux de rénovation ne se résume pas à un seul taux. Entre le taux normal de 20 %, le taux intermédiaire de 10 % et le taux réduit de 5,5 %, le bon calcul dépend à la fois de la nature des travaux, de l’état du logement et de son usage. Le BOFiP mis à jour le 9 septembre 2026 apporte à ce sujet des précisions utiles, notamment sur la séparation entre rénovation “classique” et rénovation énergétique.
En quelques lignes :
Pour sécuriser vos devis et factures, qualifiez précisément chaque poste afin d’appliquer le taux de TVA adapté selon le BOFiP de septembre 2026.
- Vérifiez l’ancienneté et l’usage du logement : confirmez qu’il est à usage d’habitation et achevé depuis plus de deux ans, sinon le taux de 20 % s’applique.
- Ventilez les prestations sur le devis et la facture en séparant clairement les travaux énergétiques et les travaux courants, afin de distinguer 5,5 % et 10 %.
- Obtenez la mention du client sur le devis ou la facture certifiant l’éligibilité, et conservez cette preuve pour tout contrôle.
- Identifiez les exclusions : repérez les gros équipements et les installations susceptibles d’utiliser des combustibles fossiles pour éviter l’application erronée du taux intermédiaire.
Les taux de TVA applicables aux travaux de rénovation selon le BOFiP
Pour bien lire la doctrine fiscale, il faut d’abord distinguer le taux de référence, puis les régimes réduits. Le taux normal de TVA reste fixé à 20 % et s’applique par défaut lorsque les conditions des taux réduits ne sont pas réunies.
Dans le domaine de la rénovation, l’administration confirme deux grands régimes dérogatoires, chacun avec son propre fondement juridique et son champ d’application. Le premier concerne les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien. Le second vise certaines prestations liées à la rénovation énergétique.
Le taux normal de 20 % comme point de départ
Le taux de 20 % constitue la règle générale. Il s’applique dès lors qu’un chantier ne remplit pas les critères du taux intermédiaire ou du taux réduit, ou lorsque la certification requise n’a pas été correctement établie.
En pratique, ce taux est souvent retenu pour les opérations qui sortent du champ de la rénovation sur logement achevé depuis plus de deux ans, ainsi que pour les prestations exclues par les textes. Il sert donc de repère pour vérifier si une opération peut réellement bénéficier d’un taux allégé.
Le taux réduit de 10 % pour les travaux de rénovation courants
Le taux de 10 % s’applique aux travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien réalisés dans des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans. Le BOFiP du 9 septembre 2026 rattache ce régime à l’article 279-0 bis du CGI.
Ce taux couvre de nombreuses interventions courantes, dès lors qu’elles ne relèvent pas de la construction neuve, de la reconstruction ou d’autres exclusions expressément prévues. Il peut aussi viser la fourniture de certains équipements, mais seulement dans le cadre autorisé par la doctrine fiscale.
Le tableau ci-dessous permet de visualiser les grandes distinctions posées par le BOFiP.
| Taux de TVA | Champ d’application | Référence CGI |
|---|---|---|
| 20 % | Taux normal, appliqué par défaut | Règle générale |
| 10 % | Travaux d’amélioration, transformation, aménagement et entretien dans un logement achevé depuis plus de deux ans | Article 279-0 bis |
| 5,5 % | Certaines prestations de rénovation énergétique dans un logement achevé depuis plus de deux ans | Article 278-0 bis A |
| 2,1 % | Prestations de rénovation énergétique en Guadeloupe, Martinique et La Réunion | Régime spécifique outre-mer |
Le taux réduit de 5,5 % pour la rénovation énergétique
Le taux de 5,5 % s’applique à certaines prestations de rénovation énergétique portant sur des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans. Le BOFiP le rattache à l’article 278-0 bis A du CGI, ce qui confirme qu’il s’agit d’un régime distinct du taux de 10 %.
Ce taux vise des travaux dont l’objet est l’amélioration de la performance énergétique du logement, par exemple l’isolation thermique ou certains équipements visant à réduire la consommation d’énergie. Il ne faut donc pas le confondre avec les travaux de confort ou de remise en état, même si ces opérations peuvent parfois se dérouler dans les mêmes pièces.
Les exclusions et cas particuliers à connaître
Le BOFiP rappelle que certaines dépenses ne peuvent pas bénéficier du taux de 10 %, notamment la part correspondant à des gros équipements, les travaux de construction ou de reconstruction, les travaux de nettoyage, les travaux d’aménagement et d’entretien des espaces verts, ainsi que les travaux comprenant la fourniture ou l’installation d’une chaudière susceptible d’utiliser des combustibles fossiles.
Cette liste mérite une vigilance particulière, car elle touche des postes souvent rencontrés dans les devis. Une même opération peut donc mêler des éléments soumis à 10 %, d’autres à 20 %, et parfois, pour la part énergétique, des éléments relevant de 5,5 %.
Conditions et démarches pour bénéficier des taux réduits
L’application d’un taux réduit ne dépend pas seulement de la nature des travaux. Elle suppose aussi de vérifier les caractéristiques du logement et de formaliser correctement la déclaration du client. Depuis la réforme rappelée par le BOFiP, la procédure a été simplifiée, mais elle reste encadrée.
Pour l’entreprise comme pour le client, la prudence consiste à vérifier en amont l’éligibilité du chantier. Une erreur de taux peut entraîner une régularisation fiscale et fragiliser la facturation.
Les critères liés au logement
Le bien doit être affecté à un usage d’habitation. Cette condition écarte les locaux qui ne relèvent pas de la résidence, sauf cas particuliers prévus par les textes. Le logement doit en outre être achevé depuis plus de deux ans au moment des travaux.
Ces deux critères forment la base commune des taux réduits de 10 % et de 5,5 %. Si l’un d’eux fait défaut, le recours au taux normal de 20 % redevient la solution par défaut.
La suppression de l’attestation sur l’honneur distincte
Depuis le 16 février 2025, l’obligation de produire une attestation sur l’honneur séparée a été supprimée. Le BOFiP de septembre 2026 s’inscrit dans cette évolution et confirme la nouvelle logique documentaire.
Désormais, le client certifie directement sur le devis ou la facture que le logement remplit les conditions requises, notamment son usage d’habitation et son ancienneté. Cette mention doit être conservée par l’entreprise afin de pouvoir la présenter en cas de contrôle.
La certification sur le devis ou la facture
La formalisation est plus simple, mais elle reste déterminante. La mention portée par le client sur le devis ou la facture vaut preuve de la situation du logement au regard du régime de TVA applicable.

En l’absence de cette certification, le taux normal de 20 % s’applique. Il est donc recommandé de sécuriser cette étape dès la signature du devis, afin d’éviter toute contestation ultérieure.
Fondements juridiques et nouveautés du BOFiP de septembre 2026
La mise à jour publiée le 9 septembre 2026 s’inscrit dans la doctrine administrative après consultation publique. Elle est classée comme rescrit, ce qui lui donne une portée interprétative claire pour les professionnels du secteur et leurs clients.
Cette actualité a surtout le mérite de mieux séparer les deux régimes réduits et de rappeler leurs bases juridiques respectives. Pour les acteurs du bâtiment, cette clarification aide à mieux qualifier les travaux dès l’établissement du devis.
Les références juridiques des taux réduits
Le taux de 5,5 % relève de l’article 278-0 bis A du CGI. Il concerne les prestations de rénovation énergétique portant sur des locaux à usage d’habitation achevés depuis plus de deux ans.
Le taux de 10 % relève de l’article 279-0 bis du CGI. Il vise les travaux d’amélioration, de transformation, d’aménagement et d’entretien dans les mêmes types de locaux, sous réserve des exclusions prévues par la doctrine.
Les précisions apportées par la doctrine de septembre 2026
La mise à jour du BOFiP insiste sur la distinction entre la nature des travaux et leur finalité. Une opération de rénovation énergétique ne doit pas être traitée comme un simple chantier d’entretien, et inversement.
La doctrine met aussi en lumière la nécessité de séparer clairement les prestations dans les factures lorsque plusieurs régimes coexistent. Cette précision est utile pour éviter les erreurs de ventilation de TVA entre le 10 % et le 5,5 %.
Exemples de travaux concernés et non concernés selon le BOFiP
Les cas pratiques permettent de mieux saisir la frontière entre les régimes. En rénovation, le détail technique compte autant que l’intitulé commercial du chantier. Un même projet peut donc relever de taux différents selon les postes facturés.
Voici les situations les plus fréquentes, avec un regard centré sur les usages courants en habitat.
Travaux relevant du 10 %
Entrent généralement dans ce champ la rénovation d’une salle de bain, la remise en état de revêtements, certains travaux de redistribution intérieure, l’entretien des installations, ou encore l’aménagement d’une pièce de vie dans un logement achevé depuis plus de deux ans.
Le remplacement d’éléments usés, lorsqu’il ne s’agit pas d’un gros équipement exclu, peut aussi relever de ce taux. L’idée directrice est celle d’une amélioration, d’une transformation ou d’un entretien du bâti existant.
Travaux relevant du 5,5 %
Le taux de 5,5 % vise les opérations de rénovation énergétique, par exemple l’isolation thermique, le remplacement de fenêtres lorsque l’opération répond aux conditions du régime, ou certains équipements de chauffage ou de production d’énergie compatibles avec la doctrine fiscale.
En revanche, la simple modernisation esthétique d’une pièce ne suffit pas. Il faut que la prestation contribue à la performance énergétique du logement et entre bien dans le cadre défini par l’article 278-0 bis A du CGI.
Le tableau suivant synthétise quelques cas d’usage fréquents.
| Exemple de travaux | Taux probable | Observation |
|---|---|---|
| Rénovation de salle de bain | 10 % | Si le logement est à usage d’habitation et achevé depuis plus de deux ans |
| Isolation thermique des combles | 5,5 % | Travaux de rénovation énergétique |
| Remplacement de fenêtres | 5,5 % ou 10 % selon le cas | Tout dépend de la qualification énergétique et de la nature exacte de la prestation |
| Pose d’une chaudière hors combustibles fossiles | 5,5 % selon l’éligibilité | À distinguer des chaudières susceptibles d’utiliser des combustibles fossiles, exclues du 10 % |
| Création d’une terrasse ou gros ouvrage assimilé à de la construction | 20 % | Sort du champ du taux intermédiaire |
Le cas spécifique de l’outre-mer
Pour certaines prestations de rénovation énergétique réalisées en Guadeloupe, en Martinique et à La Réunion, le taux spécifique de 2,1 % s’applique. Ce régime ultramarin doit être vérifié avec soin, car il obéit à des règles propres.
Lorsqu’un chantier concerne ces territoires, il faut donc contrôler à la fois la nature des travaux, l’éligibilité énergétique et le taux applicable localement. Le lieu d’implantation du logement devient ici un paramètre déterminant.
Points d’attention et erreurs fréquentes
Les erreurs de TVA proviennent souvent d’une lecture trop rapide du devis ou d’une confusion entre les régimes. Pour sécuriser une facture, il faut examiner le logement, l’ancienneté, la finalité des travaux et la nature des équipements concernés.
Une vérification en amont évite les rectifications, les discussions avec le client et les risques de rappel de taxe. Cette étape est d’autant plus importante que le BOFiP distingue désormais plus nettement les différents champs.
- Appliquer à tort le 10 % à des travaux ou équipements exclus, comme certains gros équipements ou une chaudière pouvant utiliser des combustibles fossiles.
- Oublier la certification sur le devis ou la facture, alors qu’elle conditionne l’accès au taux réduit.
- Continuer à utiliser une attestation sur l’honneur distincte, supprimée depuis le 16 février 2025.
- Négliger l’ancienneté du logement, qui doit être supérieure à deux ans.
- Confondre 5,5 % et 10 %, alors que ces taux reposent sur des fondements juridiques différents.
En pratique, le bon réflexe consiste à qualifier précisément chaque poste, à vérifier le statut du logement et à tracer la mention du client sur le document de vente. Cette méthode simple protège l’entreprise et clarifie le coût réel des travaux pour le propriétaire.
Au final, la TVA sur les travaux de rénovation repose sur une lecture fine des textes et des dernières précisions du BOFiP, avec un enjeu concret pour chaque devis, chaque facture et chaque chantier.
